Nourrir les « estomacs qui grondent » des étudiants
À l’Université de l’île de Vancouver (VIU), à Nanaimo, toutes les deux semaines, les étudiants qui veulent un repas gratuit n’ont qu’à se rendre au bâtiment 355. Là, une équipe de bénévoles constituée d’étudiants et de professeurs leur distribue des repas, mais aussi des paquets avec des produits de première nécessité. Il y a des étudiants qui m'ont dit qu'ils ne mangeaient pas à leur faim. Certains sont venus dans mon bureau en disant : "Écoutez, cela ne va pas, j'ai des problèmes", et certains se sont mis à pleurer en disant que, financièrement, c'était extrêmement difficile. Alors, quand Leah Vaisanen, représentante des étudiants autochtones au sein du syndicat étudiant, a décidé d’utiliser 2000 $ de son budget pour lancer le projet, Lauren Touchant a embarqué sans hésiter dans l’initiative Toutes les deux semaines, les étudiants peuvent venir manger un repas gratuit à l'Université de l'île de Vancouver, à Nanaimo. Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu Depuis septembre, 1066 repas complets ont été distribués, dont 111 mercredi dernier, ainsi que plus de 500 paquets, comme le précise la professeure. Le but, dit-elle, est de répondre à un besoin croissant Dans les paquets, il peut y avoir des produits hygiéniques, des pâtes, du riz, du thon. Quant aux repas bimensuels, ils permettent de distribuer des produits périssables, Nous avons reçu le témoignage d'étudiants qui nous disaient pratiquement que leur réfrigérateur était vide à la moitié du mois ou à la fin du mois. [...] Notre population de 18 à 25 ans, qui est quand même la population qui va entrer sur le marché du travail, est oubliée par les programmes alimentaires. Leah Vaisanen, de la Première Nation Łı́ı́dlı̨ı̨ Kų́ę́, est une étudiante à l'origine du projet de distribution de repas gratuits à l'Université de l'île de Vancouver. Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu Certains groupes sont plus touchées, précise Lauren Touchant, comme les Autochtones et les étudiants étrangers. Leah Vaisanen, de la Première Nation Łı́ı́dlı̨ı̨ Kų́ę́, explique que les étudiants ont beaucoup de dépenses. Nombre d'étudiants qu’elle rencontre ont des difficultés. [Il y a] des étudiants qui ont trois ou quatre emplois et ils sont à l’université à temps plein. Ils doivent soit payer les droits de scolarité, le loyer ou la nourriture. [...] C’est difficile pour eux d’acheter des produits alimentaires de bases. Aidan Tokudome, un étudiant en criminologie originaire de Calgary, vient à chaque distribution de repas. Quand il magasine, il dit devoir faire attention à son budget. J'utilise ce club pour arriver à manger sainement et à me rassasier pour la journée, car parfois je ne peux pas me permettre de manger aussi sainement. Duc Hoang et Aidan Tokudome aimeraient que d'autres universités proposent ce type de repas gratuits.
Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu À ses côtés, Duc Hoang, un étudiant étranger originaire du Vietnam, dit que ces repas l’aident beaucoup et considère que toutes les universités devraient les proposer. Il explique que les étudiants étrangers font particulièrement face à l'augmentation des prix des produits alimentaires et des loyers. Si les étudiants viennent facilement aux distributions de repas, certains hésitent Chaque semaine, des dizaines de repas gratuits sont cuisinés et distribués par des bénévoles à l'Université de l'île de Vancouver, des étudiants et des professeurs. Photo : Radio-Canada / Mélinda Trochu La professeure explique que le projet a souligné le manque d’écosystème alimentaire à l'Université. Désormais, une étude est en cours pour déterminer les services et les activités disponibles sur le campus pouvant répondre à la question de la sécurité alimentaire. Lauren Touchant est professeure d'études politiques à l'Université de l'île de Vancouver. Photo : Radio-Canada / Mélinda TrochuPlusieurs fois, j'ai remarqué que les étudiants manquaient d'énergie. J'ai entendu à plusieurs reprises des estomacs gronder
, raconte Lauren Touchant. La professeure en sciences politiques de la VIU dit pouvoir repérer les fatigues anémiques
, car elle connaît bien ses étudiants.No hunger at VIU
(pas de faim à laVIU
).
beaucoup plus accru [...] qu’on ne le pensait
et d’aider la population étudiante qui a énormément de difficultés à subvenir à ses besoins et qui est dans une situation précaire d'insécurité alimentaire
.par exemple des fruits et des légumes
.
Des repas sains
En tant qu'étudiant, c'est très difficile de s'offrir des repas très sains, car beaucoup de produits alimentaires dans les épiceries sont des repas sains chers ou des aliments bon marché qui sont très malsains.

[Dans les épiceries], la plupart du temps, je dois choisir les bonnes affaires et j'aime bien surveiller les soldes. Je me considère comme un très bon cuisinier, donc je sais comment acheter des choses à moindre coût tout en restant en bonne santé.
aussi parfois à demander un tout petit peu plus de nourriture parce qu'ils ont faim
, dit Lauren Touchant.
Briser l'isolement social
Il n'y a pas de banque alimentaire sur le campus, mais le syndicat étudiant donne accès à de la nourriture. [...] Il reçoit de la nourriture de la banque alimentaire de Nanaimo.

On commence à voir des initiatives qui [fleurissent] à travers le campus
, se réjouit Lauren Touchant. Outre nourrir les estomacs, cette initiative a également permis de cultiver des liens. On voit que des étudiants commencent à briser [l'isolement] social.
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